Comment penser la relation thérapeutique en sophrologie ?

Comment penser la relation thérapeutique en sophrologie ?

Définie comme l’ensemble des échanges entre un(e) accompagnant(e) professionnel(le) et un(e) accompagné(e) dans le cadre d’un accompagnement thérapeutique, la relation thérapeutique exerce une influence directe sur le bon déroulement des séances et l’épanouissement de chaque partie prenante. La construction de la relation thérapeutique joue de ce fait un rôle primordial en sophrologie.

Nous allons explorer les tenants et les aboutissants de la relation thérapeutique, qui permettent de créer des conditions d’accompagnement favorables et la mise en place de protocoles et de techniques efficaces.

Définir son cadre d’accompagnement en tant que sophrologue, c’est asseoir sa posture thérapeutique

Plus que d’un seul cadre, on parle en réalité de quatre cadres d’accompagnement en sophrologie. Ce sont eux qui jalonnent la posture du thérapeute, d’où l’importance de les connaître et de les comprendre pour mieux vivre sa pratique professionnelle au quotidien. 

Ces 4 cadres sont :

  • le cadre professionnel
  • le cadre conceptuel
  • le cadre interne
  • le cadre thérapeutique

Ainsi, le cadre professionnel comprend les règles générales du métier de sophrologue, entre code de déontologie, formation suivie, travail sur soi préconisé, réseau de professionnels et éléments juridiques et administratifs de première importance – l’Urssaf, la conservation des données et le secret professionnel.

Le cadre conceptuel s’incarne dans la théorie apprise en formation, dont le sophrologue s’imprègne pour structurer à sa manière ses interventions thérapeutiques.

Le cadre interne fait référence à la relation entretenue par le soignant avec lui-même. En développant notamment son sentiment de sécurité intérieure et la connaissance de ses propres ressources et limites, le sophrologue choisit alors la voie de la congruence. Savoir ce qui lui fait du bien et être en accord avec lui-même lui permet en somme d’être authentique jusque dans sa relation thérapeutique avec ses clients.

D’après la Revue de santé mentale (n°172, novembre 2012), le cadre thérapeutique désigne enfin “[…] l’ensemble des conditions pratiques et psychologiques qui, ajustées aux possibilités du client, permettent un processus soignant. Ce sont des éléments fixes non rigidifiés – un espace, un rituel, des repères temporels, des règles et des seuils –, mais également des personnes, un objectif, une ambiance et surtout une conception, celle de l’esprit du soin”.

Quelle est la responsabilité du praticien vis-à-vis de son client dans le cadre de la relation thérapeutique ?

Il est essentiel de rappeler que le sophrologue n’a pas une posture de sauveur dans le contexte de la relation thérapeutique. Son rôle est au contraire d’accompagner ses client(e)s vers l’autonomie, afin que chacun(e) devienne pleinement acteur de son bien-être physique et mental.

La méthodologie développée par l’accompagnant(e) ainsi que la nature de la relation thérapeutique offrent en effet la possibilité à l’accompagné(e) de prendre conscience de ses besoins et de ses ressources. S’il s’agit véritablement d’une dynamique à deux, à l’image d’une danse en binôme, c’est toutefois le souhait du client, à avancer et à se remettre en question, qui garantit le succès de l’accompagnement thérapeutique.

Repensons en ce sens la responsabilité du sophrologue : le bien-être comme le mal-être des personnes accompagnées ne reposent pas exclusivement sur les épaules du thérapeute. C’est en vérité l’alliance thérapeutique qui permet à la sophrologie de révéler ses bienfaits sur le corps et l’esprit des clients.

L’alliance thérapeutique, ou la réciprocité au sein de la relation thérapeutique

En sophrologie et dans les métiers liés à la relation d’aide, on définit l’alliance thérapeutique comme la collaboration mutuelle entre le thérapeute et le patient. Le psychologue américain Carl Rogers considère alors que la congruence, la considération positive inconditionnelle et la compréhension empathique forment les trois piliers de l’alliance thérapeutique, qui est elle-même garante de l’équilibre de la relation thérapeutique.

Si la congruence représente l’authenticité du sophrologue, la considération positive inconditionnelle réside dans l’acceptation totale du patient tel qu’il est et tel qu’il apparaît durant les séances de sophrologie. Quant à la compréhension empathique, elle symbolise la capacité du praticien à percevoir le monde de l’autre de façon juste, quoique forcément subjective.

Pensée comme un véritable partenariat en sophrologie, la relation thérapeutique dépend donc à la fois de la volonté de l’accompagné(e) de se dévoiler et de l’acceptation de ce dévoilement par l’accompagnant(e). Cette alliance doit néanmoins accorder de la place à la distance thérapeutique dans le cadre d’une relation thérapeutique juste et bénéfique.

Comment préserver la distance thérapeutique en sophrologie ?

Respecter son cadre d’intervention doit faire partie des priorités d’un sophrologue en exercice. Autrement dit, la relation thérapeutique doit être le compromis parfait entre alliance et distance.

Dans ce contexte, les enjeux personnels propres au thérapeute doivent être mis de côté, dans la mesure du possible, pour que les blocages expérimentés par le patient soient l’unique objet des séances de sophrologie mises en place.

Quelle place le transfert et le contre-transfert occupent-ils dans la relation thérapeutique ?

Si le célèbre Sigmund Freud appartenait à la communauté des psychanalystes, certaines de ses théories et définitions s’appliquent désormais également à d’autres disciplines, à l’instar de la sophrologie. C’est par exemple le cas du transfert et du contre-transfert, qui, s’ils sont quasiment indissociables de toute relation thérapeutique, transforment nécessairement cette dernière.

D’un côté, le transfert est la projection des attentes relationnelles et affectives de l’accompagné(e) sur l’accompagnant(e). Devenant en quelque sorte le miroir d’autrui, le sophrologue s’efface plus ou moins au profit des expériences vécues et passées du patient.

De l’autre, le contre-transfert matérialise les réactions inconscientes du praticien vis-à-vis du transfert opéré par le patient. En travaillant en conscience, le sophrologue peut toutefois repérer et contrôler, dans une certaine mesure, ces mécanismes propres à de nombreuses relations humaines et sociales.

Quels outils thérapeutiques permettent au sophrologue d’accompagner l’autre dans son cheminement ?

Différents outils de communication permettent au praticien thérapeute d’aider son client à cheminer.

L’écoute active, la reformulation par le sophrologue, ou la demande de précision ou la validation facilitent notamment le développement et la précision des sentiments, des sensations et des émotions des accompagné(e)s. Grâce à ces outils, la relation thérapeutique peut libérer la prise de conscience voire la parole du patient et favoriser la qualité de l’accompagnement par le sophrologue.

La supervision de pratique, un outil nécessaire pour construire une relation thérapeutique saine et positive

Au sein de notre école, la formation “Devenir sophrologue” prévoit un socle d’enseignement-apprentissage sur la relation et la posture thérapeutiques. Notamment à travers 42 heures de cours de psychologie, mais aussi des cours d’analyse de pratique, ainsi qu’un stage supervisé par la responsable pédagogique. Il s’agit là d’observer sa posture d’accompagnant et son évolution, tout au long de la formation, dans sa propre progression.

Quelques exemples :

Qu’est-ce qui m’a mis en difficulté ? Qu’est-ce qui s’est joué pour moi ?

L’histoire de ce client fait échos à la mienne : comment je gère cela ?

Je répète les mêmes schémas de pensée : que se passe-t-il ? Est-ce que je reste suffisamment dans l’ouverture ?

Etc. !

Nous prônons ainsi l’importance de la supervision de pratique, qui invite chaque sophrologue en exercice à analyser régulièrement sa posture thérapeutique, vers une meilleure pratique professionnelle. Que l’on soit praticien sophrologue débutant ou sophrologue expérimenté.

Découvrez d’ailleurs notre article “La supervision des sophrologues : une démarche indispensable ?” pour approfondir vos connaissances sur le sujet et comprendre les apports de la supervision en sophrologie.

Enfin, si vous souhaitez vous faire superviser, découvrez notre offre de supervision !

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